Silhouette d'éléphant

La biodiversité des forêts et l’impact de la déforestation

Pour assister en direct aux tables rondes, suivre ce lien (bientôt actif)

Les forêts tropicales humides en Afrique sont particulièrement renommées pour leur biodiversité, mais d’autres types de forêts représentent aussi une grande valeur. La déforestation en Afrique, produit du développement économique, est très liée au commerce international et on peut parler de déforestation importée pour les pays consommateurs et importateurs des autres continents. Cependant, certaines expériences de régénération et l’implantation d’agroforesterie sont toutefois encourageantes pour l’avenir de ces forêts.

9:15 – 9:35

L’importance des forêts submontagnardes d'Afrique centrale et leur valeur pour la conservation

Présentatrice : Christelle Gonmadje (1 Département de Biologie et Physiologie Végétale, Université de Yaoundé I, Cameroun BP 812, Yaoundé, Cameroun)

Auteurs : Christelle Gonmadje 1, Charles Doumenge 2, Barthélemy Tchiengue 3 et Judicaël Lebamba 4

 

CIRAD, Campus International de Baillarguet, TA C-36/D, F-34398 Montpellier cedex 5, France

Herbier National du Cameroun BP 1601, Yaoundé, Cameroun

Université des Sciences et Techniques de Masuku, Franceville (Gabon)

En Afrique centrale, les forêts submontagnardes ne représentent que 1,2 % des formations végétales et demeurent encore mal connues. Malgré leur importance pour la conservation de la biodiversité et les populations, ces forêts sont menacées par la déforestation. D’où la nécessité d’avoir des données fiables pour assurer leur gestion durable.

L’objectif est d’évaluer la diversité floristique et d’estimer la biomasse des forêts submontagnardes du Sud Cameroun.

9:35 – 9:55

La contribution des systèmes agroforestiers à caféiers et cacaoyers à la conservation de la biodiversité et à la lutte contre les changements climatiques dans les régions du Littoral et de l’Ouest Cameroun

Présentatrice : Lucie Temgoua (Université de Dschang, Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles, Département de Foresterie.

Les espèces ligneuses conservées ou introduites dans les systèmes agroforestiers Caféiers et Cacaoyers en aidant les agriculteurs à diversifier leurs sources de revenus, les rendent plus résilients et moins vulnérables face au changement climatique.

Au Cameroun les agriculteurs ont principalement orienté leurs systèmes de production de Café et de Cacao vers une diversification de la production. De nombreuses espèces ligneuses y sont introduites ou conservées. Ces espèces fournissent divers services qui, tout en aidant les agriculteurs à diversifier leurs revenus, les rendent plus résilients et moins vulnérables face au changement climatique.

9:55 – 10:15

La régénération naturelle assistée par les agriculteurs d'Afrique centrale pour restaurer leurs paysages

Présentateur : Arnot Kpolita (UR Forêts et Sociétés, République Centrafricaine - RCA)

Á la périphérie des grands centres urbains, l’impact des activités humaines a entrainé le recul des formations forestières. Pour limiter cet impact, les agriculteurs sont initiés à garder des arbres dans leurs champs.

Classée en 1950 par le Ministère des Eaux Forêts et chasse, la réserve de Botambi présente trois gradients de déforestation et dégradation, en fonction de leur distance croissante à la ville de Bangui, à savoir les villages de Talo (paysage savanisé), Botéké (paysage forestier très dégradé, en cours de savanisation), et Salanga (paysage forestier en début de dégradation). Dans ces villages, des agriculteurs ont été formés à la technique de la régénération naturelle assistée (pratique qui consiste à protéger des arbres dans les champs au moment des sarclages des cultures) pour enrichir leurs  futures jachères et évoluer vers un système agroforestier.

10:15 – 10:35

De quelle définition des forêts a-t-on besoin pour lutter contre la déforestation importée ?

Présentateur : Nicolas Picard (GIP ECOFOR, France)

L’importation de commodités agricoles est responsable d’une part importante de la déforestation en zone tropicale. 

La mise en œuvre de solutions locales pour lutter contre la déforestation importée peut se faire sur la base d’un consensus entre acteurs locaux de ce qu’est la forêt. Cependant la déforestation importée est un phénomène mondial, avec des interdépendances à longue distance entre les économies de différents pays. Le suivi de l’impact de solutions à la déforestation importée nécessite alors des définitions de la forêt spécifiées au niveau des pays.

10:35 – 10:55

Articulation entre politiques publiques et mécanismes privés pour la lutte contre la déforestation importée

Présentateur : Alain Karsenty ( CIRAD, Département "Environnements et Sociétés" , UMR SENS (Savoirs, Environnement, Sociétés), Montpellier, France)

Contenir la déforestation importée implique des critères pour qualifier la déforestation, qui ne seront pas forcément ceux des pays d’origine mais qui ne peuvent être uniformes. Accréditer des certifications indépendantes, distinguer déforestation légale et illégale et mettre en place un régime d’incitations fiscales pour favoriser les productions zéro-déforestation, serait une option réaliste.

10:55 – 11:10

Echanges avec le public sur zéro déforestation importée (conclusions issues d’un colloque sur la déforestation importée)

11.30 – 11.50

Etude des dynamiques forêts savanes dans le cadre des problématiques de conservation et de mise en œuvre de grands ouvrages en Afrique Centrale

 

Présentateur : Le Bienfaiteur Sagang Tagoukoum (boursier ARTS, AMAP, IRD)

Auteurs : Le Bienfaiteur Takougoum Sagang, Pierre Ploton,  Pierre Couteron, Bonaventure Sonké, Nicolas Barbier.

1 Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD)

2 Laboratoire de Botanique systématique et Écologie (LaBosystE)

3 Institut de Recherche pour le Développement (IRD)

4 Botanique et Modélisation de l’Architecture des Plantes et des végétaux (UMR AMAP)

La télédétection combinée aux inventaires de terrain permettent d’évaluer l’impact de projets de développement sur la végétation, d’élaborer des mesures de compensation et d’appuyer l’aménagement des zones protégées.

Nous présentons le cas d’un barrage et d’une aire protégée en zone de transition forêt-savane. Les archives d’images Landsat ont permis de quantifier les dynamiques du couvert et le régime des feux depuis 1975. L’impact de ces dynamiques sur la structure (biomasse) et la composition (diversité) de la végétation actuelle renseigne sur les plans d’actions de conservation/compensation à implémenter.

11:50 – 12:10

Utilisation d'images drone pour l'étude de la structure tridimensionnelle des forêts denses tropicales humides (travail sur des sites du Congo RC et de RDC)

Présentateur : Jean-Baptiste Ndamiyehe (UR Forêts et Sociétés, doctorant Univ. de Kisangani, République Démocratique du Congo - RDC)

Auteurs : Jean-Baptiste Ndamiyehe, Philippe Lejeune, Gauthier Ligot, Adeline Fayolle, Léopold Ndjele et Sylvie Gourlet-Fleury

La télédétection par drone offre des opportunités intéressantes pour recueillir des informations fiables sur les canopées nécessaires pour mieux comprendre et gérer la biodiversité des forêts tropicales en réduisant la dépendance vis-à-vis des inventaires de terrain.

Mieux comprendre la structure et la dynamique des forêts tropicales est essentiel pour l’aménagement et la gestion de la biodiversité. Traditionnellement, la structure et la dynamique forestières sont décrites à partir des inventaires de terrain qui, souvent, sont coûteux et laborieux. Nous testons l’utilisation des images 3D acquises à l’aide des drones pour la caractérisation des forêts denses en Afrique centrale. Nous évaluons notamment la contribution de ces données pour mieux comprendre et prédire la croissance des arbres tout en réduisant le besoin des travaux de terrain.

12:10 – 12:30

L'histoire évolutive des forêts d'Afrique à travers un genre modèle (le genre Khaya, acajous d'Afrique)

Présentateur : Gaël Bouka (UR Forêts et Sociétés, République du Congo)

 

L’étude du genre Khaya (Meliaceae) a permis de mieux comprendre les événements de spéciation ayant conduit à la structuration actuelle des espèces de ce genre et d’éclairer l’histoire des forêts africaines. La combinaison de méthodes traditionnelles (botanique, biogéographie) et de techniques de pointes en génétique des plantes a permis de retracer l'histoire évolutive des acajous africains, éclairant par là-même celle des forêts d’Afrique. Ces résultats sont particulièrement importants pour adapter les stratégies de gestion des espèces fortement exploitées et commercialisées mais aussi pour la conservation de la biodiversité et des forêts tropicales africaines.

Toutes les conférences sont accessibles à distance

Les experts

Christelle Gonmadje

Christelle est camerounaise, enseignante – chercheure à l’Université de Yaoundé I (Cameroun).

 

Elle travaille sur les questions liées à la conservation et à la gestion durable des forêts d’Afrique centrale et les changements climatiques : identification des zones prioritaires pour la conservation de la biodiversité, écologie forestière, biogéographie, stocks de carbone, etc.

https://www.researchgate.net/profile/Christelle-Gonmadje-2/publications

Lucie Temgoua

Lucie Temgoua est enseignante à l’Université de Dschang au Cameroun depuis 2008, ses activités de recherche dans le domaine de l’aménagement des écosystèmes forestiers et agroforestiers sont organisées autour de l’analyse de la dynamique de la biodiversité et des services écosystémiques des paysages forestiers anthropisés.

https://scholar.google.fr/citations?user=Pd1uOR4AAAAJ&hl=fr

https://www.researchgate.net/profile/Lucie-Felicite-Temgoua

https://orcid.org/my-orcid?orcid=0000-0001-9708-0411

Arnot Kpolita

Arnot Kpolita est assistant de botanique à la Faculté des Sciences de l’Université de Bangui. Il fait une thèse en alternance entre l’Université de Bangui et le CIRAD de Montpellier (France). Son thème est : «Diversité floristique et dynamique écologique et spatiale des ressources forestières dans les zones agricoles du sud de Bangui, cas de la réserve de Botambi».

Nicolas Picard.jpg

Nicolas Picard

Nicolas Picard dirige le groupement d’intérêt public « Écosystèmes forestiers » à l’interface entre sciences forestières, gestion forestière et politiques publiques sur les forêts. Cela l’amène à traiter des différents enjeux concernant les forêts, aussi bien tempérées que tropicales.

http://www.gip-ecofor.org/

https://orcid.org/0000-0001-5548-9171

Alain Karsenty.jpg

Alain Karsenty

Alain Karsenty, économiste, est chercheur au Cirad. Ses recherches portent sur les instruments économiques pour l'environnement et leur mise en œuvre en Afrique. Il est membre du conseil scientifique du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et du CS de la Fondation Nicolas Hulot (FNH).

https://www.researchgate.net/profile/Alain-Karsenty-2

Le Bienfaiteur Sagang Tagoukoum

Le Bienfaiteur T. Sagang est doctorant en écologie végétale tropicale avec un intérêt particulier sur l’utilisation de la télédétection pour la modélisation spatiale des types d’occupation du sol ; de la dynamique du couvert et du suivi des flux et stocks de carbone.

https://orcid.org/0000-0001-8778-3121

JB_Ndamiyehe(1).JPG

Jean-Baptiste Ndamiyehe

Jean-Baptiste Ndamiyehe mène son doctorat en écologie forestière et en télédétection avec l’appui du Cifor et sous la supervision des scientifiques du Cirad, de l'Université de Kisangani et de Gembloux Agro-Bio Tech. Il dirige également un cabinet d’études « CAStOR » spécialisé en cartographie et en aménagement des ressources naturelles.

https://www.researchgate.net/profile/Jean-Baptiste-Ndamiyehe

Gaël Bouka

Gaël Bouka est un jeune enseignant-chercheur congolais, maître assistant à l'Université Marien Ngouabi. Il est titulaire d'un master international en Biodiversité et environnement des végétaux tropicaux de l’UPMC et du MNHN (Paris) et d’un doctorat en Botanique et écologie, obtenu en co-tutelle entre l’Université de Montpellier et l’Université Marien Ngouabi. Il poursuit des recherches sur la structuration de la biodiversité des forêts africaines en vue de leur conservation et gestion durable.